Gefira #44: Dans le sillage du pandémonium

Dans le Gefira n°44, nos analystes s’interrogent sur le monde au lendemain de la pandémie, ou plutôt sur sa gestion. Depuis l’aube de l’histoire, les grandes catastrophes ont été considérées comme des signes avant-coureurs de grands événements et changements historiques. Nous pouvons être enclins à y croire ou à le dénoncer, mais il n’en reste pas moins qu’avant l’effondrement de l’Union soviétique, il y a eu l’échec spectaculaire de la centrale nucléaire de Tchernobyl. La pandémie va faire des ravages dans les économies de nombreuses nations, de sorte qu’elle aura eu, au moins en ce sens, un effet de grande portée comparable à celui d’une guerre mondiale. Entre les deux extrêmes théoriques selon lesquels rien ne changera, ou que le monde sera nettement ou même remarquablement différent, le développement le plus probable se situe quelque part entre les deux. La question est de savoir vers lequel de ces deux extrêmes elle tendra le plus. Comme c’est le cas pour la guerre chaude, la pandémie fera plus de mal à certains endroits, moins à d’autres ; comme c’est le cas pour les grandes crises en général, il y a ceux qui peuvent gagner, et ceux qui peuvent perdre. Une sorte de remise à zéro des relations internationales, des modifications des finances mondiales, une réévaluation du rôle de la technologie, une redistribution des biens à grande échelle, la mort ou une nouvelle vie du mondialisme, l’émergence de nouveaux ou l’intensification de certains des anciens maux sociaux, sont autant de phénomènes majeurs qui pourraient se manifester. Nous présentons à nos lecteurs un aperçu des scénarios possibles dans les différents aspects de l’existence humaine, afin qu’ils puissent prendre une décision éclairée sur les mesures à adopter, et sur ce à quoi ils doivent s’attendre dans leurs entreprises, leur carrière professionnelle et leur vie privée.

 

Gefira Financial Bulletin #44is available now

  • Dans le sillage du pandémonium
  • Deuxième vague, troisième facteur, tigre de papier et préparatifs de guerre

La dissolution des sociétés européennes

Le président français Emmanuel Macron suit les pas de son prédécesseur en marquant de moins en moins de points de popularité dans les sondages. Cet homme venu de nulle part, dont la seule tâche était d’empêcher Marine Le Pen de gagner, poursuit la politique menée par ses maîtres marionnettistes, et il ne peut que se conformer. Les mesures qu’il a prises ou qu’on lui a conseillé de prendre se sont heurtées à la résistance populaire. Ce n’est plus qu’une question de temps avant d’apprendre si le mouvement des gilets jaunes est un mouvement spontané, ou une manifestation de la lutte de pouvoir qui divise les élites françaises, ou une ingérence extérieure : russe ou américaine.

Les problèmes du Vieux Continent n’ont été qu’atténués pendant un certain temps, et en tant que tels, ils sont comme une bombe à retardement qui attend des circonstances favorables avant d’exploser. Le programme d’assouplissement quantitatif mis en oeuvre il y a quelques années montre clairement que l’Europe se prive de l’un des instruments économiques les plus importants, à savoir l’argent, parce que l’argent imprimé à volonté ne peut pas être véritablement appelé argent. Si l’on ajoute à cela l’effondrement démographique et l’émergence concomitante de factions belligérantes entre les Etats membres qui se divisent en deux groupes : ceux qui veulent et ceux qui refusent d’accepter des immigrants du tiers monde, nous obtenons l’identité européenne la plus représentative, et ce portrait semble maussade.

Au sommaire du Bulletin Financier Gefira n°30 disponible dès maintenant

  • La chute imminente de l’Europe
  • Un meurtre de trop et un mensonge de trop
  • Une nouvelle confiance dans l’or ?

Nous ne savons pas laquelle des nombreuses plaques tectoniques – politique, économique, démographique – et où se fera l’impulsion la plus violente, mais nous savons que le séisme qui en résultera est susceptible de balayer les gouvernements et de perturber l’équilibre actuel des pouvoirs. Ni la Russie, ni la Chine, ni les États-Unis ne restent ou ne resteront les bras croisés. Ils profiteront pleinement de toutes les opportunités qu’une Europe affaiblie leur offrira sur un plateau d’argent pour élargir leur influence (dans le cas de Washington et de Moscou) ou pour renforcer leur ancrage (en particulier dans le cas de Pékin).

Les élites sont pleinement conscientes des changements violents qui s’approchent et sont encore incapables de les éviter. La même chose s’est produite dans les décennies qui ont précédé la révolution de février puis d’octobre en Russie, ou dans les décennies qui ont précédé la Révolution française. L’histoire semble suivre son propre cours sans tenir compte des souhaits ou des tentatives des acteurs même les plus puissants qu’elle utilise dans sa pièce. Vous vous souvenez de l’assassinat de l’archiduc Ferdinand un mois avant le début de la Grande Guerre ? On s’attend à la même chose de nos jours. Où un tel coup de feu sera-t-il tiré ? S’agira-t-il d’un différend pour de l’argent ? Une autre crise comme celle de la Grèce ? Une lutte acharnée au sujet des quotas d’immigrants ? S’agira-t-il d’un conflit ethnique entre les « nouveaux » et les anciens Européens ?
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